Ce qu'on dit au poète à propos de fleurs


Paul Gauguin Van Gogh che dipinge dei girasoli

A Monsieur Théodore de Banville

I

Ainsi, toujours, vers l'azur noir
Où tremble la mer des topazes,
Fonctionneront dans ton soir
Les Lys, ces clystères d'extases!

A notre époque de sagous,
Quand les Plantes sont travailleuses,
Le Lys boira les bleus dégoûts
Dans tes Proses religieuses!

- Le lys de monsieur de Kerdrel,
Le Sonnet de mil huit cent trente,
Le Lys qu'on donne au Ménestrel
Avec l'oeillet et l'amarante!

Des lys! Des lys! On n'en voit pas!
Et dans ton Vers, tel que les manches
Des Pécheresses aux doux pas,
Toujours frissonnent ces fleurs blanches!

Toujours, Cher, quand tu prends un bain,
Ta chemise aux aisselles blondes
Se gonfle aux brises du matin
Sur les myosotis immondes!

L'amour ne passe à tes octrois
Que les Lilas, - ô balançoires!
Et les Violettes du Bois,
Crachats sucrés des Nymphes noires!...


II

O Poètes, quand vous auriez
Les Roses, les Roses soufflées,
Rouges sur tiges de lauriers,
Et de mille octaves enflées!

Quand BANVILLE en ferait neiger,
Sanguinolentes, tournoyantes,
Pochant l'oeil fou de l'étranger
Aux lectures mal bienveillantes!

De vos forêts et de vos prés,
O très paisibles photographes!
La Flore est diverse à peu près
Comme des bouchons de carafes!

Toujours les végétaux Français,
Hargneux, phtisiques, ridicules,
Où le ventre des chiens bassets
Navigue en paix, aux crépuscules;

Toujours, après d'affreux dessins
De Lotos bleus ou d'Hélianthes,
Estampes roses, sujets saints
Pour de jeunes communiantes!

L'Ode Açoka cadre avec la
Strophe en fenêtre de lorette;
Et de lourds papillons d'éclat
Fientent sur la Pâquerette.

Vieilles verdures, vieux galons!
O croquignoles végétales!
Fleurs fantasques des vieux Salons!
- Aux hannetons, pas aux crotales,

Ces poupards végétaux en pleurs
Que Grandville eût mis aux lisières,
Et qu'allaitèrent de couleurs
De méchants astres à visières!

Oui, vos bavures de pipeaux
Font de précieuses glucoses!
- Tas d'oeufs frits dans de vieux chapeeaux,
Lys, Açokas, Lilas et Roses!...


III

O blanc Chasseur, qui cours sans bas
A travers le Pâtis panique,
Ne peux-tu pas, ne dois-tu pas
Connaître un peu ta botanique?

Tu ferais succéder, je crains,
Aux Grillons roux les Cantharides,
L'or des Rios au bleu des Rhins, -
Bref, aux Norwèges les Florides:

Mais, Cher, l'Art n'est plus, maintenant,
- C'est la vérité, - de permettre
A l'Eucalyptus étonnant
Des constrictors d'un hexamètre:

Là!... Comme si les Acajous
Ne servaient, même en nos Guyanes,
Qu'aux cascades des sapajous,
Au lourd délire des lianes!

- En somme, une Fleur, Romarin
Ou Lys, vive ou morte, vaut-elle
Un excrément d'oiseau marin?
Vaut-elle un seul pleur de chandelle?

- Et j'ai dit ce que je voulais!
Toi, même assis là-bas, dans une
Cabane de bambous, - volets
Clos, tentures de perse brune, -

Tu torcherais des floraisons
Dignes d'Oises extravagantes!...
- Poète! ce sont des raisons
Non moins risibles qu'arrogantes!...


IV

Dis, non les pampas printaniers
Noirs d'épouvantables révoltes,
Mais les tabacs, les cotonniers!
Dis les exotiques récoltes!

Dis, front blanc que Phébus tanna,
De combien de dollars se rente
Pedro Velasquez, Habana;
Incague la mer de Sorrente

Où vont les Cygnes par milliers;
Que tes strophes soient des réclames
Pour l'abatis des mangliers
Fouillés des Hydres et des lames!

Ton quatrain plonge aux bois sanglants
Et revient proposer aux Hommes
Divers sujets de sucres blancs,
De pectoraires et de gommes!

Sachons par Toi si les blondeurs
Des Pics neigeux, vers les Tropiques,
Sont ou des insectes pondeurs
Ou des lichens microscopiques!

Trouve, ô Chasseur, nous le voulons,
Quelques garances parfumées
Que la Nature en pantalons
Fasse éclore! - pour nos Armées!

Trouve, aux abords du Bois qui dort,
Les fleurs, pareilles à des mufles,
D'où bavent des pommades d'or
Sur les cheveux sombres des Buffles!

Trouve, aux prés fous, où sur le Bleu
Tremble l'argent des pubescences,
Des calices pleins d'Oeufs de feu
Qui cuisent parmi les essences!

Trouve des Chardons cotonneux
Dont dix ânes aux yeux de braises
Travaillent à filer les noeuds!
Trouve des Fleurs qui soient des chaises!

Oui, trouve au coeur des noirs filons
Des fleurs presque pierres, - fameuses! -
Qui vers leurs durs ovaires blonds
Aient des amygdales gemmeuses!

Sers-nous, ô Farceur, tu le peux,
Sur un plat de vermeil splendide
Des ragoûts de Lys sirupeux
Mordant nos cuillers Alfénide!


V

Quelqu'un dira le grand Amour,
Voleur des sombres Indulgences:
Mais ni Renan, ni le chat Murr
N'ont vu les Bleus Thyrses immenses!

Toi, fais jouer dans nos torpeurs,
Par les parfums les hystéries;
Exalte-nous vers les candeurs
Plus candides que les Maries...

Commerçant! colon! médium!
Ta Rime sourdra, rose ou blanche,
Comme un rayon de sodium,
Comme un caoutchouc qui s'épanche!

De tes noirs Poèmes, - Jongleur!
Blancs, verts, et rouges dioptriques,
Que s'évadent d'étranges fleurs
Et des papillons électriques!

Voilà! c'est le Siècle d'enfer!
Et les poteaux télégraphiques
Vont orner, - lyre aux chants de fer,
Tes omoplates magnifiques!

Surtout, rime une version
Sur le mal des pommes de terre!
- Et, pour la composition
De poèmes pleins de mystère

Qu'on doive lire de Tréguier
A Paramaribo, rachète
Des Tomes de Monsieur Figuier,
- Illustrés! - chez Monsieur Hachette!

14 juillet 1871

ALCIDE BAVA
A. R.







Ciò che si dice al poeta a proposito di fiori


Al Signor Théodore de Banville

I

Sempre così, verso il blu nero
Dove tremola il mare dei topazi,
Funzioneranno dentro la tua sera
I Gigli, questi estatici clisteri!

In questo nostro tempo sagù,
In cui le Piante son lavoratrici,
Il Giglio si berrà i disgusti blu
Nelle tue Prose molto religiose!

- Il Giglio del signore di Kerdrel,
Il Sonetto milleottocentotrenta,
Il Giglio regalato al Menestrello
Con il garofano e con l'amaranto!

Gigli! Gigli! Nessuno li ha mai visti!
Ma nel tuo Verso, simile alle maniche
Delle Veneri che hanno un dolce passo,
Tremano sempre questi fiori bianchi!

Sempre, mio Caro, quando fai il bagno,
La tua camicia sulle ascelle bionde
Si gonfia nella brezza del mattino
Sugli occhi belli e immondi di madonna!

L'amore fa passare alla dogana
Solo quelle fandonie di Lillà!
E le odorose violette dei boschi
Sputi mielati delle Ninfe nere!...


II

O Poeti, quand'anche voi avreste
Le Rose dai bei petali rigonfi,
Rosse sopra gli steli dell'alloro,
E di migliaia di ottave gonfiata!

Seppur BANVILLE facesse nevicare,
Sanguinolente e vorticose, Rose
Da schiacciar l'occhio folle dell'estraneo
Dalle letture avare, malbenevole!

Dalle vostre foreste e da quei prati,
Miei cari e pacifissimi fotografi,
La Flora vera sarebbe differente
Come i turaccioli delle caraffe!

Sempre gli stessi vegetali celtici,
Tubercolotici, arcigni, ridicoli,
Sui quali il ventre dei cani bassotti
Sereno naviga dentro i crepuscoli;

Sempre, dopo i disegni spaventevoli
Di Loti azzurri oppure d'Elianti,
Stampe rosa, piissimi argomenti
Per delle giovani comunicande!

L'Ode in stile Açokà clibra con la
Strofa a finestra dei donnina allegra;
Pomposi farfalloni vanno e evacuano
Sulle primaverili margherite.

Vecchia verzura, vecchie cianfrusaglie!
O secchi pasticcini vegetali!
Fiori bizzarri dei vecchi Salons!
- Ai maggiolini, non invece ai cròtali,

Questi verdi pupattoli piagnoni
A cui Grandville avrebbe messo nastri,
E che brutte stellacce con visiere
Allattarono un giorno di colori!

Le vostre sbavature di zampogna
Fanno di certo preziosi glucosi!
- Son uova fritte dentro cappellacci
I Gigli e gli Açokà, i Lillà, le Rose!...


III

Cacciatore che corri senza calze,
Bianco, attraverso i Pascoli di Pan,
Non potresti du dunque, non dovresti
Conoscere anche un poco di botanica?

Tu faresti succedere, io temo,
Ai Grilli rossi certo le Cariatidi,
L'oro dei Rios al chiaro blu del Reno, -
Alle Norvege, certo, le Floride.

Ma, Caro, l'Arte ormai non è più in grado
Di permettere - è vero, l'assicuro -
Che l'Eucalipto costruttore abbia
Dei seri costrittori d'un esametro;

Come se i Mogani servissero, anche
Nelle nostre Guiane, unicamente
Al pesante delirio delle liane,
Ai capitomboli dei sapaiù!

- Insomma, un Fiore, che sia Rosmarino
O Giglio, vivo o morto, vale forse
Un escremento d'uccello marino?
O una lacrima sola di candela?

- E adesso ho detto quello che volevo!
Tu, seduto laggiù, in una capanna
Di bambù, con le imposte ben tappate
E i tendaggi colore persia bruna, -

Tu raffazzoneresti fioriture
Degne di stravaganti fiumi gallici!...
- Poeta! questi son ragionamenti
Ridicoli non meno che arroganti!...


IV

Dirai, non già pampas primaverili,
Nere di spaventevoli rivolte,
Ma i tabacchi, le piante di cotone!
Dai, racconta gli esotici raccolti!

Di', fronte bianca abbronzata da Febo,
A quanti dollari ammonta la rendita,
Del Signor Pedro Velasquez, Havana;
Incaca tutto il mare di Sorrento

Dove i Cigni si recano a migliaia;
Le tue strofe diventino réclame
Perché si facciano abbattere i manghi,
Frugati dalle idre e dalle lame!

La tua quartina ai boschi sanguinanti
Si tuffa e torna per proporre agli Uomini
Vari soggetti di zuccheri bianchi,
Di pettorali oppure anche di gomme!

Facci sapere Tu se la biondezza
Di quei picchi nevosi, verso i Tropici,
Dobbiamo ascriverla ad insetti ovipari
Oppure a microscopici licheni!

Cacciatore, vogliamoche tu trovi
Qualche robbia scarlatta e profumata
Che la Natura con su i pantaloni
Faccia sbocciare! - per le nostre Armate!

Trova, ai confinidel Bosco assopito,
Fiori che siano simili a dei musi
Che sbavano pomate d'oro sopra
I lunghi e scuri capelli dei Bufali!

Trova, nei prati dove sull'Azzurro
Trema l'argento delle pubescenze,
Dei calici stracolmi d'uova ardenti
Che cuociono fra le più pure essenze!

Trova Cardi con barbe di cotone
Cui dieci ciuchi dagli occhi di bragia
Filano i nodi con ostinazione!
Trova fiori che siano delle sedie!

Trova nel cuore dei filoni neri
Splendidi fiori quasi come pietre,
Che verso i loro duri ovari biondi
Abbiano delle ghiandole gommose!

Servici, mio Burlone, tulo puoi,
Sopra un bel piatto d'argento dorato,
Gigli in ragù sciropposi che attacchino
I nostri begli halfenidi cucchiai!


V

Qualcuno dirà forse il grande Amore,
Imbolatore di oscure Indulgenze:
Ma né Renan né il gatto Murr han visto
Nè mai vedranno i Tirsi blu e immensi!

Tu, fai scattare nei nostri torpori,
Emanando profumi, le isterie;
Devi esaltarci verso dei candori
Candidi molto più che le Marie...

Sarai colono! commerciante! medium!
Sgorgherà la tua rima, rossa o bianca,
E sembrerà come un raggio di sodio,
Come un caucciù che prima o poi si schiuda!

Dai tuoi neri Poemi, - Giocoliere!
Diottriche candide, verdi e vermiglie,
E fiori stravaganti scappin fuori
Unitamente a elettriche farfalle!

Ecco! è arrivato il Secolo d'inferno!
E i pali delle linee telegrafiche
Ornano - lira dal canto ferrigno,
Le tue magnifiche splendide spalle!

E soprattutto, rima una versione
Sopra la malattia delle patate!
- E, per far meglio la composizione
I Versi siano pieni di mistero

Che debbano esser letti da Tréguier
Fino a Paramaribo, va' a comprarti
I Tomi - già illustrati! - di Figuier
Presso il negozio del Signor Hachette!

14 luglio 1871

ALCIDE BAVA
A. R.


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