Disamistade / Inimitié *
Traduzione di Riccardo Venturi
Qu'est-ce qu'elles font
juste en face de l'église
toutes ces gens divisées
cette histoire suspendue
à mesure d'un bras,
à distance de l'offense
car à la paix on pense
car la paix on l'effleure
deux familles désarmées de sang
se rangent en reddition,
et pour tous la douleur des autres
c'est une douleur à moitié
il lui suffit des causes futiles
à la guerre du cœur,
le gémissement d'un chien abattu
par une ombre qui passe
elle se contente de courtes agonies
sur la chemin vers chez soi,
un éclat rouge de sang,
une absence à qui on prépare le dîner
et à chaque coup de feu de chasseurs
on prie pour notre sort.
Que font-elles, ces filles
qui brodent et qui cousent,
toutes ces tâches de deuil
renonçant à l'amour
parmi elles se cache
un espoir égaré
que l'ennemi désire,
qu'il veut qu'on le lui rende
et des mains que l'on surprend en hâte
à toucher d'autres mains,
il faut bien qu'il y ait une façon
de vivre sans peine
et des yeux courant à d'autres yeux
pour découvrir plutôt
que ce n'est que le repos du vent,
une haine à moitié
et de la part qui manque
s'occupent les autorités
v
Car la disamistade
s'oppose à notre malheur
c'est le temps qui bouleverse
notre sort, notre vie en courant.
Qu'est-ce qu'elles font
juste en face de l'église
toutes ces gens divisées
cette histoire suspendue
* Tratta dal sito "Canzoni contro la guerra" e pubblicata col consenso dell'autore, che scrive: "A mon avis, Disamistade est l'un des chefs-d'œuvre absolus de l'art de Fabrizio de André (le mot "disamistade" signifie "inimitié" en langue sarde et, en détail, un conflit entre familles, souvent très long et sanglant). La traduction de cette chanson dans n'importe quelle langue pose de nombreux problèmes; cependant, elle a été traduite et chantée en anglais par le groupe des Walkabouts (dans l'album "The Train leaves at Eight", 1998). Voilà ma traduction française".