Les pauvres à l'église


Gustav Klimt Chiesa a Cassonne

Parqués entre des bancs de chêne, aux coins d'église
Qu'attiédit puamment leur souffle, tous leurs yeux
Vers le choeur ruisselant d'orrie et la maîtrise
Aux vingt gueules gueulant les cantiques pieux;

Comme un parfum de pain humant l'odeur de cire,
Heureux, humiliés comme des chiens battus,
Les Pauvres au bon Dieu, les patron et le sire,
Tendent leurs oremus risibles et têtus.

Aux femmes, c'es bien bon de faire des bancs lisses,
Après les six jours noirs où Dieu les fait souffrir!
Elles bercent, tordus dans d'étranges pelisses,
Des espèces d'enfants qui pleurent à mourir.

Leurs seins crasseux dehors, ces mangeuses de soupe,
Une prière aux yeux et ne priant jamais,
Regardent parader mauvaisement un groupe
De gamines avec leurs chapeaux déformés.

Dehors, le froid, la faim, l'homme en ribote:
C'est bon. Encore une heure; après, les maux sans noms!
- Cependant, alentour, geint, nasille, chuchote
Une collection de vieilles à fanons:

Ces effarés y sont et ces épileptiques
Dont on se détournait hier aux carrefours;
Et, fringalant du nez dans des missels antiques,
Ces aveugles qu'un chien introduit dans les cours.

Et tous, bavant la foi mendiante et stupide,
Récitent la complainte infinie à Jésus
Qui rêve en haut, jauni par le vitrail livide,
Loin des maigres mauvais et des méchants pansus,

Loin des senteurs de viande et d'étoffes moisies,
Farce prostrée et sombre aux gestes repoussants;
- Et l'oraison fleurit d'expressions chhoisies,
Et les mysticités prennent des tons pressants,

Quand, des nefs où périt le soleil, plis de soie
Banals, sourires verts, les Dames des quartiers
Distingués, - ô Jésus! - les malades du foie
Font baiser leur longs doigts jaunes aux bénitiers.







I poveri in chiesa


Stretti stretti fra i banchi, nel fondo della chiesa
Fetida e imputridita dai fiati, con gli sguardi
Rivolti verso il coro sfavillante e i cantori
Che dalle venti gole urlano gli inni sacri;

Fiutando come pane l'odore della cerca,
Umiliati e felici come cani battuti,
I poveri al buon Dio, sommo padrone e sire,
Offrono i loro oremus risibili e cocciuti.

Per le donne è un sollievo lustrare bene i banchi.
Dopo i sei giorni neri in cui Dio le tormenta!
Cullano, attorcigliati dentro pellicce strane,
Bizzarri neonati che piangon da morire.

Coi seni sozzi fuori, quelle mangiaminestre,
la preghiera negli occhi e non pregando mai
Osservano malighe pavoneggiarsi un gruppo
Di bambine coperte da cappelli deformi.

Fuori, il freddo, la fame, il marito in bisboccia;
Sta bene. Ancora un'ora; poi, mali innominabili!
- Intanto, intorno a loro, la sinfonia nasale
Di vecchie pappagorge disposte in bella mostra.

Ecco gli stralunati, ed ecco gli epilettici
Da cui lo sguardo fugge se li incontri per via;
E, pascolando avidi col naso nei messali,
Ecco i ciechi che un cane guida dentro i cortili.

Tutti sbavan la fede tonta degli accattoni,
Recitando un lamento infinito a Gesù
Che sogna in alto, giallo per la vetrata livida,
lungi da quei malvagi macilenti o panciuti,

Lungi da quell'odore di carne e stoffe putride,
Dai buffoni prostrati con gesti ripugnanti;
- Le preci s'infiorettano di locuzioni scelte
E il misticismo assume un tono più incalzante,

Quando, dalle navate dove perisce il sole,
Con sorrisi verdastri nella seta babale,
Le Dame dei quartieri distinti, fegatose,
Fan baciare le dita gialle all'acquasantiera.


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