L'impossible


Giovanni Segantini L'amore alle fonti della vita

Ah! cette vie de mon enfance, la grande route par tous les temps, sobre surnaturellement, plus désintéressé que le meilleur des mendiants, fier de n'avoir ni pays, ni amis, quelle sottise c'était. - Et je m'en aperçois seulement!
- J'ai eu raison de mépriser ces bonshommes qui ne perdraient pas l'occasion d'une caresse, parasites de la propreté et de la santé de nos femmes, aujourd'hui qu'elles sont si peu d'accord avec nous.
J'ai eu raison dans tous mes dédains: puisque je m'évade!
Je m'évade!
Je m'explique.
Hier encore, je soupirais: "Ciel! sommes-nous assez de damnés ici-bas! Moi j'ai tant de temps déjà dans leur troupe! Je les connais tous. Nous nous reconnaissons toujours; nous nous dégoûtons. La charité nous est inconnue. Mais nous sommes polis; nos relations avec le monde sont très-convenables." Est-ce étonnant? Le monde! les marchands, les naïfs! - Nous ne sommes pas déshonorés. - Mais les élus, comment nous recevraient-ils? Or il y a des gens hargneux et joyeux, de faux élus, puisqu'il nous faut de l'audace ou de l'humilité pour les aborder. Ce sont les seuls élus. Ce ne sont pas des bénisseurs!
M'étant retrouvé deux sous de raison - ça passe vite! - je vois que mes malaises viennent de ne m'être pas figuré que nous sommes à l'Occident. Les marais occidentaux! Non que je croie la lumière altérée, la forme exténuée, le mouvement égaré... Bon! voici que mon esprit veut absolument se charger de tous les développements cruels qu'a subis l'esprit depuis la fin de l'Orient... Il en veut, mon esprit!
... Mes deux sous de raison sont finis! - L'esprit est autorité, il veut que je sois en Occident. Il faudrait le faire taire pour conclure comme je voulais.
J'envoyais au diable les palmes des martyrs, les rayons de l'art, l'orgueil des inventeurs, l'ardeur des pillards; je retournais à l'Orient et à la sagesse première et éternelle. -Il paraît que c'est un rêve de paresse grossière!
Pourtant, je ne songeais guère au plaisir d'échapper aux souffrances modernes. Je n'avais pas en vue la sagesse bâtarde du Coran. -Mais n'y a-t-il pas un supplice réel en ce que, depuis cette déclaration de la science, le christianisme, l'homme se joue, se prouve les évidences, se gonfle du plaisir de répéter ces preuves, et ne vit que comme cela! Torture subtile, niaise; source de mes divagations spirituelles. La nature pourrait s'ennuyer, peut-être! M. Prudhomme est né avec le Christ.
N'est-ce pas parce que nous cultivons la brume! Nous mangeons la fièvre avec nos légumes aqueux. Et l'ivrognerie! et le tabac! et l'ignorance! et les dévouements! - Tout cela est-il assez loin de la pensée de la sagesse de l'Orient, la patrie primitive? Pourquoi un monde moderne, si de pareils poisons s'inventent!
Les gens d'église diront: C'est compris. Mais vous voulez parler de l'Eden. Rien pour vous dans l'histoire des peuples orientaux. - C'est vrai; c'est à l'Eden que je songeais! Qu'est-ce que c'est pour mon rêve, cette pureté des races antiques!
Les philosophes: Le monde n'a pas d'âge. L'humanité se déplace, simplement. Vous êtes en Occident, mais libre d'habiter dans votre Orient, quelque ancien qu'il vous le faille, - et d'y habiter bien. Ne soyez pas un vaincu. Philosophes, vous êtes de votre Occident.
Mon esprit, prends garde. Pas de partis de salut violents. Exerce-toi! - Ah! la science ne va pas assez vite pour nous!
- Mais je m'aperçois que mon esprit dort.
S'il était bien éveillé toujours à partir de ce moment, nous serions bientôt à la vérité, qui peut-être nous entoure avec ses anges pleurant!... - S'il avait été éveillé jusqu'à ce moment-ci, c'est que je n'aurais pas cédé aux instincts délétères, à une époque immémoriale!... - S'il avait toujours été bien éveillé, je voguerais en pleine sagesse!...
O pureté! Pureté!
C'est cette minute d'éveil qui m'a donné la vision de la pureté! - Par l'esprit on va à Dieu!
Déchirante infortune!







L'impossibile


Ah! la vita della mia infanzia, la strada maestra per ogni tempo, sobrio sovrumanamente, più disinteressato del migliore dei mendicanti, fiero di non avere né paese, né amici, che sciocchezza era. - E me ne accorgo solo ora!
- Ho avuto ragie a disprezzare quei poveracci che non perderebbero mai l'occasione di una carezza, parassiti della pulizia e della salute delle nostre donne, oggi cheesse vanno così poco d'accordo con noi.
Ho avuto ragione in tutti i miei sdegni: dal momento che evado!
Evado!
Mi spiego.
Ancora ieri, sospiravo ancora: "Cielo! in quanti siamo dannati quaggiù! Quanto tempo ho già trascorso con questa combriccola! Li conosco tutti. Ci riconosciamo sempre; ci troviamo ripugnanti. La carità ci è sconosciuta. Però siamo gentili; i nostri rapporti con la gente sono molto corretti." E c'è da stupirsi? La gente! i mercanti, gli ingenui! - Noi non siamo disonorati. - Ma gli eletti, come ci accoglierebbero? Orbene, ci sono persone irose e allegre, falsi eletti, dato che per avvicinarli abbiamo bisogno di audacia o di umiltà. Sono gli unici eletti. E non sono dei benedicenti!
Avendo ritrovato in me ancora due soldi di ragione - passa presto! - vedo che il mio malessere deriva dal non essermi figurato per tempo che noi siamo dell'Occidente. Le paludi occidentali! Non che io creda alterata la luce, estenuata la forma, stravolto il movimento... Bene! ecco che il mio spirito vuole ad ogni costo farsi carico di tutti gli sviluppi crudeli subiti dallo spirito, dalla fine dell'Oriente in poi... Ha molte pretese, il mio spirito!
... I miei due soldi di ragione sono finiti! - Lo spirito è autorità, esso vuole che io stia in Occidente. Per concludere io come volevo, bisognerebbe farlo tacere!
Mandavo al diavolo le palme dei màrtiri, i raggi dell'arte, l'orgoglio degli inventori, l'ardore dei predoni; ritornavo all'Oriente e alla saggezza primigenia ed eterna. - Pare che sia un sogno di grossolana pigrizia!
Eppure, non è che pensassi troppo al piacere di eludere le sofferenze moderne. Non miravo alla saggezza bastarda del Corano. - Ma non c'è forse un supplizio reale nel fatto che, dopo questa dichiarazione della scienza, il cristianesimo, l'uomo si giuochi, provi a se stesso le evidenze, si gonfi del piacere di ripetere le prove, e viva solo così! Tortura sottile, melensa; fonte delle mie divagazioni spirituali. La natura potrebbe annoiarsi, forse! Monsieur Prudhomme è
nato insieme al Cristo. Non è forse perché abbiamo il culto delle brume? Mangiamo la febbre insieme alle nostre verdure acquose. È l'ubriachezza! e il tabacco! e l'ignoranza! e le abnegazioni! - Com'è lontano tutto ciò dal pensiero della saggezza dell'Oriente, patria primitiva! A che serve un modo moderno, se è per inventare veleni simili!
La gente della Chiesa dirà: Chiaro. Ma tu vuoi parlare dell'Eden. Non c'è niente per te nella storia dei popoli orientali. - È vero; pensavo proprio all'Eden! Che è mai per il mio sogno, questa purezza delle razze antiche!
I filosofi: Il mondo non ha età. Tu sei in Occidente, ma libero di abitare ne tuo Oriente, per quanto arcaico ti occorra, - e di abitarci bene. Non essere un vinto. Filosofi, voi appartenete al vostro Occidente.
Spirito mio, in guardia. Nessuna violenta determinazione di salvezza. Sta' in esercizio! - Ah! la scienza non va abbastanza rapida per noi!
- Ma mi accorgo che il mio spirito dorme.
Se fosse proprio sveglio sempre, cominciando da questo momento, presto saremmo alla verità, che forse ci sta intorno con i suoi angeli in lacrime!... - Se fosse stato desto fino a questo momento, vuol dire che non avrei ceduto agli istinti deleteri, un'epoca immemorabile!... - Se fosse sempre stato proprio desto, starei vogando in piena saggezza!...
Oh purezza! purezza!
È stato questo minuto di risveglio a darmi la visione della purezza! - Mediante lo spirito si va a Dio!
Straziante infortunio!


torna all'indicetorna all'indicetorna all'indice

main page: filosofia, rimbaud, poesia, aforismi, tenco, guccini, giuseppe cirigliano band...