Mémoire


Umberto Boccioni Stati d'animo. Gli addii

I

L'eau claire; comme le sel des larmes d'enfance,
l'assaut au soleil des blancheurs des corps de femmes;
La soie, en foule et de lys pur, des oriflammes
Sous les murs dont quelque pucelle eut la défense;

L'ébat des anges; - Non... le courant d'or en marche,
Meut se bras, noirs, et lourds, et frais surtout, d'herbe. Elle
Sombre, ayant le Ciel bleu pour ciel-de-lit, appelle
Pour rideaux l'ombre de la colline et de l'arche.


II

Eh! l'humide carreau tend ses bouillons limpides!
L'eau meuble d'or pâle et sans fond les couches prêtes.
Les robes vertes et déteintes des fillettes
Font les saules, d'où sautent les oiseaux sans brides.

Plus pure qu'un louis, jaune et chaude paupière
Le souci d'eau - ta foi coniugale, ô l'Épouse! -
Au midi prompt, de son terne miroir, jalouse
Au ciel gris de chaleur la Sphère rose et chère.


III

Madame se tient trop debout dans la prairie
Prochaine où neigent les fils du travail; l'ombrelle
Aux doigts; foulant l'ombelle; trop fière pour elle;
Des enfants lisant dans la verdure fleurie

Leur livre de maroquin rouge! Hélas, Lui, comme
Mille anges blancs qui se séparent sur la route,
S'éloigne par delà la montagne! Elle, toute
Froide, et noire, court! après le départ de l'homme!


IV

Regret des bras épais et jeunes d'herbe pure!
Or des lunes d'avril au cœur du saint lit! Joie
Des chantiers riverains à l'abandon, en proie
Aux soirs d'août qui faisaient germer ces pourritures!

Qu'elle pleure à présent sous les remparts! l'haleine
Des peupliers d'en haut est pour la seule brise.
Puis, c'est la nappe, sans reflets, sans source, grise:
Un vieux, dragueur, dans sa barque immobile, peine.


V

Jouet de cet œil d'eau morne, je n'y puis prendre,
Ô canot immobile! oh! bras trop courts! ni l'une
Ni l'autre fleur: ni la jaune qui m'importune,
Là; ni la bleue, amie à l'eau couleur de cendre.

Ah! la poudre des saules qu'une aile secoue!
Les roses des roseaux dès longtemps dévorées!
Mon canot, toujours fixe; et sa chaîne tirée
Au fond de cet œil d'eau sans bord, - à quelle boue?







Memoria


I

L'acqua chiara, come il sale di lacrime d'infanzia,
L'assalto al sole dei corpi biancheggianti delle donne;
La seta, in ressa edi giglio puro, degli oriflammi
Sotto le mura che un giorno difese una pulzella;

I sollazzi degli angeli; - No... la corrente d'oro in moto,
Muove le braccia, nere, e pesanti, e fresche d'erba. Lei
Oscura, col Cielo blu come cielo d'alcova, invoca
Come cortine l'ombra del colle e del ponte.


II

Eh! il vetro umido stende le sue limpide bolle!
L'acqua arreda d'oro pallido e senza fondo gli strati pronti.
Le vesti verdi e stinte delle fanciulline
Fanno i salici, donde sbrigliati scattano gli uccelli.

Più pura d'un marengo, gialla e calda pupilla,
La ninfea - è la tua fede coniugale, o Sposa! -
Nel lesto meriggio, dal suo specchio appannato, invidia
Al cielo grigio d'afa la sfera rosa e cara.


III

La Signora sta troppo eretta nella prateria
Vicina su cui nevicano i fili del lavoro; con l'ombrello
Fra le dita calpesta l'umbella; troppo fiera per lei;
In quel fiorito verdeggiare, fanciulli leggono

Il libro marocchino rosso! Ahimè. Lui, come
Mille angeli bianchi che si separano per via,
S'allontana al di là della montagna! Lei,
Fredda, e nera, corre! dopo la partenza dell'uomo!


IV

Rimpianto delle braccia sode e fresche d'erba pura!
Oro delle lune d'aprile nel cuore del letto santo! Gioia
Dei cantieri rivieraschi in abbandono e in preda
Alle sere d'agosto che facevano germinare le putrescenze!

Adesso ella pianga sotto i bastioni! l'alito
Dei pioppi di lassù è per la sola brezza.
Poi, la distesa, senza riflessi, senza fonte, grigia:
Un vecchio draga e, nella sua barca immobile, s'affatica.


V

Zimbello di quest'occhio d'acqua tetra, io non posso prendervi,
O canotto immobile! oh! braccia troppo corte! né l'uno
Né l'altro fiore:né quello giallo che mi infastidisce,
Là; né quell'azzurro, amico dell'acqua color della cenere.

Ah! la polvere dei salici scossa da un'ala!
Le rose dei giunghi da tempo divorate!
Il mio canotto, sempre fisso; e la sua catena trascinata
In fondo a quest'occhio d'acqua senza sponde, - verso quale fango?


torna all'indicetorna all'indicetorna all'indice

main page: filosofia, rimbaud, poesia, aforismi, tenco, guccini, giuseppe cirigliano band...